Tanzanie: les Masaï expulsés de leurs terres au nom du tourisme

July 10, 2018
Source
RFI

En Tanzanie, les Masaï sont toujours plus réprimés. La semaine dernière, une douzaine de villageois a été attaquée par une patrouille de l'armée tanzanienne alors qu'ils faisaient paître leur bétail à quelques kilomètres du parc national du Serengeti, au nord-est du pays. Le peuple semi-nomade voit ses terres systématiquement réduites au profit du tourisme dans le Ngorongoro. Depuis des années, les Masaï font l’objet d’expulsions parfois violentes et vivent dans la peur de la répression.

« Le seul usage qui nous reste de cette terre, c’est d’en faire notre cimetière ». Ces mots d’un villageois Masaï du Ngorongoro illustrent le désespoir de certains habitants.

Dans un rapport publié en mai, le think tank californien Oakland institute raconte trois ans d’enquête sur ces terres protégées de la vallée du Grand Rift, que les Masaï se partagent avec les entreprises touristiques.

Une cohabitation difficile. Violence physique, menaces, habitations brûlées… Pour construire des lodges, organiser des safaris ou élargir leurs terrains de chasse, les acteurs du tourisme exproprient les Masaï, non sans l’approbation des autorités.

« Une savane immaculée »

Car la Tanzanie privilégie l’industrie touristique aux dépens des Masai, considérés comme indésirables, analyse Anuradha Mittal, qui a publié l'enquête sur le sujet pour le think tank Oakland institue.

« Les entreprises touristiques veulent une savane immaculée, le genre d’image qu’on voit dans National Geographic ou à la télévision, la savane avec les lions, les bêtes sauvages... Ils ne veulent pas voir d’êtres humains. Ils nient l’existence de cette population, qui vit pourtant sur cette terre depuis toujours.»